jeudi 20 octobre 2011

Bonjour mon amour



Bonjour mon amour, ce n'est que moi,
L'heure est tout en rose
Au cœur bleu de mes pensées
La nuit se décompose
Doucement, et descend jusqu'à toi,
Sur les pentes mauves du matin où repoussées
Les visiteuses de la nuit s'enfuient enroulées dans leur robe du soir.

Bonjour mon amour, j'ai cru voir
Les haillons de mes souvenirs
Se tordre en longs pans de lumière
Des clichés flamboyants, projecteurs d'avenir
Déchirer le ciel pâle et, prisonnière
Ma chair ardente aspire à la fenêtre
Un air de liberté...
Qu'il est doux le vent qui pénètre
Et sanctifie la volupté.

Bonjour mon amour
J'embrasse à jamais ta beauté
En cette heure impalpable du jour
Je l'étreins, chair et sang
Vivants, animés par mon rêve indompté
J'en appelle aux nuages
A l'arc en ciel qui luit
Aux regards de passage
Aux âmes entrevues dans ce présent qui fuit
Aux fleurs sorties de terre
Fanées avant la nuit
A l'insecte éphémère
J'en appelle à la mort du bout de mon chemin de vie
Je nargue son œil vert au cristal du néant
Où nos squelettes en transparences
Vont s'inscrire en défilé géant
...Ce merveilleux, cet unique et fragile bonheur qui danse
Sur un tapis roulant de longues agonies
...J'ai bien le droit, dis? De le prendre?
...Puisqu'il a bien voulu m'attendre!...

              Irène de SAINT CHRISTOL

  extrait de: LES MESSES DE SOLEIL, éditions LA LUCARNE OVALE 

1 commentaire:

Claudine de Faÿ a dit…

tout perception est mémoire et ce texte est bouleversant d'une partition éphémère (mais si belle)